Qui est concerné ?

Dans le secteur public, agents titulaires ou non titulaires, en CDD comme en CDI, peuvent présenter leur démission. Cette demande est néanmoins soumise à acceptation ou refus de l'administration concernée.

Quelle est la procédure à suivre ?

Contrairement au cas du secteur privé, cette demande doit être adressée obligatoirement par écrit, sous forme de lettre recommandée avec accusé de réception. Le souhait de démission doit y être exprimé de façon claire et non ambiguë.

À réception d'une lettre de demande de démission émanant d'un agent titulaire, l'administration bénéficie d'un délai de 4 mois dans la fonction publique d'État et d'1 mois dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière pour y donner réponse. À défaut, l'administration est réputée avoir refusé de statuer et peut être attaquée devant le juge administratif dans les deux mois suivant l'expiration du délai. Aucun délai n'est imposé par la loi en ce qui concerne les demandes de démission d'agents non-titulaires. Quel que soit le statut du salarié, en cas de refus par l'administration de la demande de démission, un recours est possible auprès de la Commission Administrative Paritaire (CAP).

Y a-t-il un préavis ?

Les délais de préavis entre la demande de démission et la date de cessation de fonction varient selon le statut de l'employé du secteur public et selon les fonctions publiques.

Si aucun délai n'est fixé pour les agents titulaires des trois fonctions publiques (d'État, territoriale et hospitalière), les fonctionnaires stagiaires des fonctions publiques d'État et hospitalières doivent respecter un délai d'un mois entre la date de leur demande et la date à laquelle ils souhaitent quitter leur poste. Aucun texte de loi n'encadre en revanche la question du préavis pour les agents stagiaires de la fonction publique territoriale.

Dans le cas des agents non titulaires, dans les trois fonctions publiques, le délai de préavis est fixé en fonction de l'ancienneté de l'agent, tous contrats compris : un délai de huit jours est ainsi exigé pour moins de six mois de service, tandis qu'un mois complet de préavis est nécessaire pour les agents non titulaires ayant entre six mois et deux ans d'ancienneté. À partir de deux ans de service, le délai de préavis passe à deux mois. Il débute à partir de la date à laquelle l'administration reçoit la demande de démission.

Effets et conséquences

Toute démission acceptée par l'administration est irrévocable. La date d'effet de la démission est précisée par l'administration dans le courrier d'acceptation qu'elle adresse à l'agent. Ce dernier, titulaire ou non titulaire, est tenu de la respecter sous peine de sanctions disciplinaires. Dès lors, le salarié perd sa qualité d'agent de la fonction publique et ne pourra réintégrer de fonctions similaires que par le biais de concours ou d'un recrutement contractuel.

Comme dans le secteur privé, les agents démissionnaires ne peuvent prétendre aux allocations chômage que dans les quelques cas des démissions considérées comme légitimes.

À son départ, il appartient théoriquement au salarié de faire la demande de certificat de travail et de solde tout compte, qu'aucun texte n'oblige l'administration publique à délivrer systématiquement.

Le régime de retraite dépend de l'ancienneté de l'agent : un droit à pension auprès de la caisse de retraite des fonctionnaires est conservé par l'agent qui a cotisé au moins deux ans. En deçà, les cotisations sont reversées par l'administration au régime général de l'assurance vieillesse de la Sécurité Sociale.

Il est nécessaire aux agents qui démissionnent du secteur public pour débuter une activité privée lucrative d'être attentifs : la démission ne désengage pas l'agent de responsabilités déontologiques vis-à-vis de l'administration publique avant un délai de trois ans après sa cessation d'activité. En d'autres termes, pendant cette période de trois années, l'ex-administration doit être informée préalablement par écrit de l'intention de l'ex-agent de débuter une activité privée lucrative. Cette activité doit être en effet jugée compatible avec les anciennes fonctions de l'agent démissionnaire, comme en cas de cumul : elle ne doit ni constituer une atteinte à la dignité des fonctions auparavant exercées par l'agent, ni présenter une incompatibilité relative à l'exigence de neutralité et d'impartialité du service public.

L'administration saisie de l'information juge de la compatibilité de l'activité lucrative envisagée par l'ex-agent dans le secteur privé. En cas de d'incompatibilité, un délai de trois ans devra être respecté avant le début de l'activité.

Publié le 02/01/2014 par